Qui elle est
Magicienne Rouge formée dans une cité où la nécromancie est savante, respectée, ordinaire, Hamun Kost a poussé la logique de son art jusqu'à une éthique que sa propre patrie juge sentimentale et que les prêtres de Kelemvor tiennent pour une abomination. Elle ne se réclame d'aucun des deux camps. Elle recueille.
Là où d'autres voient une charogne à profaner ou une âme à libérer, elle voit une dernière ressource qu'un pauvre peut encore offrir aux siens. Elle n'asservit pas : elle emploie. Elle nomme ses morts, ne les fait jamais souffrir, leur accorde le repos après quelques années de service. Et de son vivant, elle paie, vraiment, en or scellé par contrat, les familles qu'elle laisse derrière. On la craint pour ce qu'elle est. On la cherche pour ce qu'elle fait.
Elle occupait pourtant un rang élevé dans la magocratie de Thay, une place que d'autres tuent pour atteindre. Elle l'a quittée. Elle a tourné le dos aux ambitions de ses pairs et s'en est allée traquer les artefacts de Netheril, ces reliques d'un empire de mages mort depuis des millénaires. Pourquoi ? Nul ne le sait. Elle ne le dit pas.
Le manoir entre les mondes
Hamun Kost ne réside vraiment nulle part. Sa demeure est un manoir interplanaire, une bâtisse arrimée entre les plans, dont les portes s'ouvrent ici sur une ruelle de Luskan, là sur tout autre seuil qu'elle a appris à reconnaître. On y entre rarement ; on y est invité. C'est un lieu hors du temps des vivants : ses serviteurs silencieux y veillent, ses contrats y reposent, ses morts y trouvent une dignité que le monde leur a refusée.
